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Publié par pierre-gilles tronconi

RTR379VO.jpgAu lendemain du limogeage de Mme Batho (qui, malgré les plus ou moins hypocrites cris d'orfraie des différents milieux écologistes n'aura pas vraiment marqué son ministère...) essayons de tirer quelques enseignements utiles pour l'avenir de ce coup de menton du Président de la République.

- D'abord sur le Président de la République. Dans l'absolu, il ne parait pas anormal qu'une ministre qui qualifie de "mauvais" le budget présenté par le gouvernement auquel elle appartient soit sanctionnée.

Le problème, c'est que depuis déjà plus d'un an, un certain nombre de ministres s'en donnent à coeur joie pour jouer leur petite musique personnelle, que ce soit M.Valls, M. Montebourg (champion toutes catégories de l'exercice...) ou, plus récemment M.Moscovici sur la question de l'augmentation des impôts.

Il semble bien que, suivant le précepte qui semble guider son action, "fort avec les faibles et faible avec les forts", M.Hollande n'ait utilisé Mme Batho pour montrer une autorité retrouvée à moindre coût.

Cela montre bien, au passage, qu'il se moque comme d'une guigne de l'écologie. Espérons que tous les écolos comme Mme Lepage ou ce qui reste de Génération écologie, sont satisfaits de s'être rués à la soupe en appelant à voter pour lui en 2012.

Nous, au moins, à Ecologie bleue, nous n'avons pas de regret à avoir soutenu Nicolas Sarkozy!

- Ensuite sur l'utilité des Verts et, plus largement d'un parti dit "écologiste". EELV qui entendait peser sur la politique gouvernementale se retrouve complètement ridiculisée par ce type de décisions.

Et ce n'est pas le mini-psychodrame qu'ils nous ont offert pendant 1 jour sur l'air du "retenez-moi ou je fais un malheur" qui leur rendra une quelconque crédibilité.

En réalité, ils semblent plus doués pour assurer maroquins et bonnes places dans l'appareil d'Etat à leurs membres qu'à proposer des choix gouvernementaux protecteurs de notre environnement...

- Enfin sur l'avenir de l'écologie politique. Nous croyons vraiment qu'une certaine écologie politique est morte et ce n'est pas dans ces colonnes que nous la pleurerons.

Il est temps de revenir aux conceptions premières de l'écologie et du développement soutenable.

L'écologie, à la base, c'est une science récente de la biologie pas une idéologie de substitution au marxisme ou au capitalisme. Elle ne doit pas avoir de tabou, de dogme pré-établi mais doit s'appuyer sur des faits scientifiques avérés et procéder par expérimentation.

Quant au développement soutenable (traduction littérale de sustainable development que je préfère à développement durable mis à toutes les sauces...), il doit être le guide de notre action politique. Il consiste, pour toute décision publique, à prendre en compte l'impact environnemental au même titre que l'impact économique ou social. Et non pas, comme c'est trop souvent le cas, de manière déconnectée ou, pire, au détriment des 2 autres.

C'est pourquoi l'implication écologique d'une politique n'est pas forcément proportionnelle au budget du ministère de l'écologie mais à la prise en compte des enjeux environnementaux dans l'ensemble de ses secteurs.

Cette conception de l'écologie que nous entendons défendre est peut-être moins flamboyante mais bien plus ambitieuse.

Pierre-Gilles Tronconi

Responsable national du réseau Ecologie bleue

 

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