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Publié par pierre-gilles tronconi

hurleurs.jpgEcologie bleue, par la voix de son vice-présient et représentant en Guyane Ronan L'Hourre soutient le combat du collectif des  Hurleurs de Guyane contre l'orpaillage illégal.

Face au refus du Président Hollande de les rencontrer lors de son récent voyage-éclair en Guyane, nous demandons au gouvernement de ne pas laisser tomber ce joyau de biodiversité qui fait la fierté de la présence française sur le continent sud-américain.

 

Nous vous invitons à prendre connaissance du mémo préparé par le collectif des Hurleurs de Guyane pour expliquer la situation sur place.

 

 

"Pour dire NON à l’orpaillage illégal en Guyane

Une ruée vers l’or, très majoritairement illégale

Depuis les années 1990, suite à des hausses importantes du cours de l’or qui

permettent l’exploitation rentable de gisements plus pauvres ou déjà écrémés, la

Guyane subit de plein fouet une nouvelle ruée vers l’or. Cette ruée est caractérisée

par la très forte proportion d’exploitation illégale : les estimations d’exfiltration

annuelle pour l’orpaillage illégal sont de l’ordre de 10 tonnes, tandis que la

production annuelle déclarée oscille entre 1 et 2 tonnes ! On est donc loin d’avoir

affaire à une activité illégale à la marge d’un secteur légal.

Des pratiques incontrôlables

L’activité des exploitants déclarés est encadrée par la législation française, parmi

les plus exigeantes à l’échelle de l’Amérique du Sud : interdiction de l’usage du

mercure, gestion de l’eau en circuit fermé, obligation de réhabilitation au fur et à

mesure de l’exploitation… En revanche, l’activité des orpailleurs illégaux est

soumise à la seule loi du profit à court terme. Ainsi, l’exploitation alluvionnaire a

lieu directement au fil de l’eau, détruisant les cours d’eau et créant une pollution

aux matières en suspension pouvant avoir un impact à plusieurs centaines de

kilomètres en aval. Les techniques utilisées pour déboiser détruisent les sols et

occasionnent une déforestation durable. L’emploi du mercure pour récupérer l’or

contamine les écosystèmes terrestres et aquatiques, et finalement les populations

locales. Les sites abandonnés sont de véritables décharges, sources de diverses

pollutions.

Le premier facteur de dégradation environnementale sur le Plateau des Guyanes

La forêt du Plateau des Guyanes, partie intégrante mais originale de l’Amazonie,

constitue le plus grand massif forestier tropical continu encore relativement intact.

En l’espace de 20 ans, l’orpaillage incontrôlé y est devenu le premier facteur de

dégradation environnementale. Les impacts environnementaux de l’orpaillage

illégal ne se limitent pas à la surface exploitée ni à la durée de l’exploitation.

  • · La déforestation occasionnée perdure longtemps après l’exploitation. En effet,

les sols sont décapés sur plusieurs mètres de profondeur. Abandonnés en l’état à

l’issue de l’exploitation, ces surfaces sont extrêmement pauvres et infertiles, et

permettent difficilement la régénération d’un écosystème naturel.

  • · Le mercure utilisé pour amalgamer l’or est un polluant dangereux qui

s’accumule dans les milieux naturels et se concentre le long des chaînes

alimentaires aquatiques, atteignant des concentrations particulièrement

importantes dans la chair des poissons carnivores. La contamination au mercure

peut perdurer des siècles et s’étendre plusieurs centaines de kilomètres en aval

2

des sites d’orpaillage.

  • · Les chantiers d’orpaillage clandestin sont le théâtre de pollutions variées, tant

pendant l’exploitation qu’après l’abandon des sites : déchets, carburants,

congélateurs…

De lourdes conséquences sociales

Structuré autour de réseaux clandestins d’immigration, l’orpaillage illégal traîne

un sillage d’activités néfastes (drogues, prostitution, armes, règlements de

comptes, etc.). Les populations locales de l’intérieur subissent au quotidien les

bouleversements induits par l’orpaillage illégal. L’insécurité en forêt est réelle, le

climat est tendu et le sentiment de « ne pas être chez soi » est très présent dans les

populations, notamment amérindiennes, pour lesquelles l’attachement au territoire

est essentiel.

Les vols de matériel, de carburant et de récoltes subis par les populations de

l’intérieur sont fréquents et réguliers, finissant par compromettre sérieusement les

modes de vie. Les vols de moteurs de bateau sont les plus recensés, ce qui pose

problème pour des populations largement dépendantes du transport fluvial pour

leur alimentation.

Les opérations de police, tout en s’avérant inefficace pour stopper ce fléau, font

trop souvent payer aux forces de l’ordre un lourd tribu.

Un fléau sanitaire

Le mode d’alimentation des populations de l’intérieur repose en grande partie sur

la consommation de poissons carnivores, les plus contaminés par le mercure. Les

études les plus récentes font état d’une contamination mercurielle humaine

supérieure aux taux acceptables selon l’OMS chez un tiers des individus pour les

populations du Haut-Maroni.

La présence massive de migrants, littéralement exploités et mal suivis d’un point

de vue sanitaire a également induit une recrudescence du paludisme dans les

secteurs touchés par l’orpaillage illégal. L’exemple le plus parlant est la commune

de Saül qui a connu un pic d’activité illégale entre 2008 et 2009, coïncidant avec

un pic de paludisme d’une intensité rare. Certains experts parlent aujourd’hui de la

Guyane comme d’une « bombe à retardement » pour l’émergence de résistance

aux anti-paludéens, du fait de l’orpaillage illégal.

Un pillage en règle

La quasi-totalité de l’or produit illégalement en Guyane est aujourd’hui exfiltré

vers les pays frontaliers (Brésil et Suriname) au moyen de transporteurs discrets et

performants. Cet or est donc un or fantôme pour la Guyane, qui n’en gardera

aucune trace si ce n’est le cortège des impacts désastreux qui ont accompagné son

extraction. Une coopération efficace dans cette lutte entre l’Etat français et les

pays frontaliers n’est toujours pas concrétisée à ce jour.

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Face à ce fléau qui s’aggrave,

les HURLEURS de Guyane demandent le soutien de chacun

afin de dire ensemble :

_ Oui à l’instauration de l’Etat de droit.

_ Non à l’exploitation humaine.

_ Non à la violence, à l’insécurité, aux vols et aux trafics dont nous

sommes tous victimes !

_ Non à la contamination au mercure, à l’atteinte à la santé des

habitants, à la pollution des cours d’eau et à la destruction de la forêt

amazonienne.

_ Non à la destruction des modes de vie traditionnels

_ Non au pillage des ressources de la Guyane

_ Non à l’indifférence

_ Oui à la mobilisation"

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