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Publié par pierre-gilles tronconi

 AFP, le 12 mars 2007

Le président français Jacques Chirac pourrait après l'Elysée se réinventer en défenseur de la planète, pour laquelle il a souvent trouvé au cours de ses deux mandats des accents convaincants cependant rarement traduits en actes.

"La maison brûle et nous regardons ailleurs..." En 2002, à la tribune du Sommet de l'Onu sur le développement durable à Johannesburg, son incantation à "ouvrir les yeux" sur une "nature mutilée, surexploitée" avait fait sensation et presqu'oublier qu'intronisé président sept ans auparavant, il avait aussitôt décidé la reprise des essais nucléaires français dans le Pacifique.

Dimanche soir, dans son allocution annonçant la fin de sa carrière politique, Jacques Chirac a choisi au nombre des cinq messages qu'il entendait transmettre d'évoquer "la révolution écologique qui s'engage (...) défi majeur du 21è siècle".

Or depuis 2005, Jacques Chirac s'est fait le promoteur d'une "organisation des Nations unies pour l'environnement", l'Onue, qui fonctionnerait à l'image de l'Organisation mondiale de la santé.

Début février, il a convié un colloque international à Paris pour rallier les soutiens, encore tièdes, autour de sa cause, alimentant l'idée qu'il pourrait être tenté de prendre la tête d'une telle entreprise.

Pour Nicolas Hulot, l'animateur écologiste et source d'inspiration des grands discours verts du chef de l'Etat, il en aurait "la stature, la conviction et la connaissance".

"Il faut au moins rendre grâce à (son) engagement qui a permis de déployer cet enjeu universel dans des sphères jusqu'alors hermétiques", a jugé Nicolas Hulot interrogé sur France Info.

"Nul doute qu'il se rêve en Mandela de l'environnement et qu'il en a la capacité", estime également Serge Orru, le directeur général du WWF France, l'une des principales organisations environnementaliste. "Qu'un président parle, en s'en allant, de révolution écologique, ce n'est quand même pas rien..." confie-t-il, en saluant avec "beaucoup de respect l'investissement écologique" du président.

Mais encore faudrait-il que cete Onue voit le jour, alors que "les réticences sont nombreuses", commentait lundi un ambassadeur européen, misant sur "un an ou deux" au minimum avant que le processus s'enclenche.

"D'ici là, le président aura 77 ans..". Quant à lancer une grande fondation sur l'environnement comme d'autres anciens présidents américains notamment ont pu lancer la leur, "ce n'est pas si simple et il faudrait d'abord la doter", souligne cette source.

Hormis Nicolas Hulot et son hommage au futur ex-président, le manque de visibilité de l'action environnementale chiraquienne au regard de ses déclarations a été amplement relevé par les milieux écologiques.

"Si cet engagement n'a pas toujours été suivi d'effet très visible en France, c'est simplement parce qu'on ne peut pas y aller d'autorité dans la mutation écologique", plaide M.Hulot.

Mais pour Yann Wehrling, porte-parole des Verts "il a, sur le tard, découvert l'état de la planète, il a dégradé l'environnement en France et il est allé dire ailleurs ce qu'il faut faire et qu'il n'a pas fait chez lui".

Pour les Verts, Jacques Chirac "n'en a rien à faire du climat, rien à faire de l'Europe": et de citer les pressions françaises en faveur du nucléaire comme remède à l'effet de serre lors du sommet européen à Bruxelles la semaine dernière.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" considère qu'il a été, "en 40 ans, un des principaux ennemis de l'environnement" et suggère que son nom soit donné à un site de stockage de déchets nucléaires.

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arnaud 14/03/2007 14:22

J'ai ouvert un blog politique sur http://desirsdavenir86000.over-blog.net/ alors venez le voir et dite ce que vous en penser dans les commentaires pour que je l'ameliore, merci d'avance!!!!