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Publié par pierre-gilles tronconi

  Un dossier très intéressant vient de paraître dans la dernière livraison du magazine Science et vie sous le titre: "Après le pétrole...nucléaire ou charbon?"

Il y est fait un bilan des alternatives envisagées pour l'après pétrole, prévu aux alentours de 2015. Or, même si le gaz prendra un peu plus d'importance dans l'avenir, il est clair que la source d'énergie qui monte, c'est le charbon! Et ceci, pour des raisons de coût mais aussi de géopolitique. Il est à noter que les deux plus gros producteurs et consommateurs de charbon sont la Chine et les Etats-Unis, tous deux non tenus par les engagements de Kyoto! Cela fait longtemps qu'au sein d'Ecologie bleue puis de France-Europe-Planète bleue, Patrice Hernu attire l'attention sur cet aspect du problème. En effet, les réserves de pétrole et de gaz sont situées dans des zones politiquement instables alors que le charbon est réparti à peu près équitablement sur la planète. Autre avantage du charbon: il est techniquement facile de produire un carburant pour les voitures à partir du charbon liquide.

Son principal inconvénient ,et pour nous écologistes le plus dramatique: il est le pire emetteur de CO2! Sa combustion produit 35% de CO2 de plus que le pétrole et 72% que le gaz naturel. Alors évidemment, les techniques qui permettent de produire du "charbon propre" existent mais que ce soit en pré- ou en post-combustion, elles coûtent aujourd'hui très cher et on peut raisonnablement douter que les pays émergents puissent accepter de tels investissements.

La seule alternative à ce désastre climatique reste donc...le nucléaire, bien entendu associé dans un "mix" énergétique avec les énergies renouvelables. Les réserves d'uranium ont été évaluées par l'Agence pour l'énergie nucléaire à près de 600 ans. De plus, les générateurs de "4e génération" prévus pour 2020, produiront plus de combustible qu'ils n'en consomment ce qui réduira d'autant le principal handicap du nucléaire: la production de déchets radioactifs (un chiffre: chaque Français produit avec une électricité à 80% issue du nucléaire 10g de déchets hautement radioactifs par an) Et encore, faut-il envisager pour le futur le développement de la fusion nucléaire comme elle sera expérimentée à Cadarache avec Iter.

A la vue de ces arguments, deux remarques s'imposent sur le plan politique:

1- les thèses défendues par Patrice Hernu pour France-Europe-planète bleue et Antoine-Tristan Mocilnikar pour Energie-intelligence (d'ailleurs cité dans l'article de Science et vie) sont particulièrement pertinentes. Puissent-elles être entendues en cette veille d'élection présidentielle!

2- entre d'un côté, Nicolas Sarkozy qui défend la place du nucléaire et qui affirme: "Sans que ce constat nous entraine à la résignation, il faut avoir conscience que sans les Etats-Unis, sans la Chine et l’Inde, répondre au défi climatique est illusoire." ou le Président Chirac qui, par sa ténacité, a obtenu que le compromis adopté à Bruxelles mentionne explicitement la contribution de l'énergie nucléaire à la réduction des gaz à effet de serre, et de l'autre, l'étrange coalition qui va de l'Alliance pour la planète à Cap 21, en passant par Mme Royal qui proposent au mieux de diminuer la part du nucléaire et au pire de "sortir du nucléaire", on peut légitimement se poser la question:

Où Sont les vrais écologistes? 

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Yoann GONTIER 10/03/2007 18:59

Je ne peux que partager le constat que vous dressez et qui amène à s'interroger sur la capacité d'un certain nombre de politiques qui se réclament de l'écologie à mener réellement une politique de développement durable.
Face au changement climatique, le point de rupture concernant les énergies fossiles est définitivement atteint. Mais le sevrage d'un mode accro de pétrole ne se fera ni du jour au lendemain ni au moyen d'une seule énergie (et a forciori pas grâce au charbon). Dans cette perspective, il convient donxc de privilégier un bouquet d'énergie, dans lequel le nucléaire aurait toute sa place.
Les modèles de production nucléaire actuels ne sont pas satisfaisants. Il faut donc en sortir. Mais parallèlement, il convient de poursuivre et de développer la recherche dans le domaine de l'énergie nucléaire et plus particulièrement les centrales de 4e génération et le projet ITER afin d'absoder l'augmentation constante de la demande énergétique tout en maîtrisant nos émissions de gaz à effet de serre.
C'est la direction que Génération Ecologie et sa Présidente France Gamerre souhaite  faire prendre à la politique énergétique française.
Le recours au charbon comme alternative au pétrole est une absurdité au vu de ses rejets de Co2. Si certaines techniques permettant de capter les émissions de Co2 existent, elles ne sont pas encore totalement opérationnelles et restent chères, trop chères... En Haute Normandie, l'implantation de 2 nouvelles centrales à charbon est à l'étude. Cette situation illustre bien la capacité du charbon à s'imposer demain comme une source d'énergie première. Cette situation est intolérable. Il convient dès à présent de mettre nos actes en cohérence avec les discours pour refuser de se voir imposer une telle source d'énergie qui est tout sauf propre.  
Yoann Gontier

pierre-gilles tronconi 11/03/2007 17:39

Merci, Monsieur Gontier pour votre commentaire.
Il ne m'étonne pas; je sais que GE et nous-mêmes, au-delà de choix stratégiques différents partageons souvent la même conception d'une écologie pragmatique.
Cordialement
PG Tronconi