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Publié par pierre-gilles tronconi

 Extrait du discours de Nicolas Sarkozy en clôture de l'université d'été des Jeunes populaires à Marseille, le 3 septembre 2006

"Vous (les jeunes, NDLR) voulez être citoyens du monde.
Vous le serez par votre engagement dans le combat contre la dégradation de la planète.
Il faut sauver la planète des conséquences d'une suractivité humaine. Chaque être raisonnable et responsable peut et doit partager ce constat. Car la Terre est menacée de mort lente par asphyxie, par épuisement des ressources, par disparition des espèces. Quand la moitié des forêts primitives ont déjà disparu de la surface du globe, quand les glaces du Groenland fondent, quand on prévoit que les émissions mondiales de gaz carbonique vont augmenter d’au moins 75 % dans les 25 ans à venir alors que la situation est déjà critique, vous sentez bien qu’on ne peut plus attendre. L’effet de serre, la pollution des océans, le pillage des ressources naturelles n’auront pas pour effets que le changement climatique, la désertification, l’appauvrissement de la biodiversité, la dégradation de la santé ou la mise en péril de la vie des plus fragiles comme ce fut le cas lors de la canicule il y a 3 ans. Les guerres de la faim et les guerres de l’eau qui menacent le monde à venir pourraient bien être les plus terribles que l’humanité ait connues parce que ce seront des guerres désespérées.
Pour éviter demain une société de privation, il nous faut organiser aujourd’hui une société de modération.
Vous sentez bien que le problème de l’environnement n’est plus seulement désormais le problème de la qualité de la vie mais le problème de la vie tout court. Votre génération ne doit pas refaire les erreurs que nous avons faites.
C’est à vous qu’il appartient en priorité de sauver l’avenir.
C’est à vous qu’il appartient de faire la leçon aux générations précédentes et de faire triompher le point de vue de la vie.
En matière d’environnement, ce sont les jeunes qui font l’éducation de leurs parents. Quand le tri sélectif réussit à s’imposer, c’est grâce aux enfants. Quand il s’agit de sauver des espèces animales menacées de disparition ce sont les enfants qui poussent leurs parents à s’engager.
Vous héritez d’un monde au bord de la catastrophe. Ce monde vous voulez le sauver parce qu’il est déjà le vôtre et parce qu’il sera celui de vos enfants et de vos petits-enfants. Mais personne ne sauvera la planète sans l’effort de chacun. Pour préserver l’avenir il faut cesser de préempter toutes les ressources des générations futures au profit des générations présentes. Il faut que chacun d’entre nous cesse de tirer des traites écologiques sur les générations à venir. Car cette dette a ceci de tragique qu’elle n’est pas remboursable. La vie détruite ne ressuscitera pas. L’équité entre les générations est une nécessité vitale et morale. Elle exige que chacun paye ce qu’il consomme. Elle exige que chaque génération supporte entièrement le coût des décisions qu’elle prend.

Vous voulez sauver la planète et vous avez raison !
Vous ne la sauverez pas avec les idéologues du retour à la nature.
Vous ne la sauverez pas en reniant l’économie, la science et le progrès mais en les mettant au service d’un développement durable.
Le développement durable ce n’est pas la fin du travail, c’est l’emploi durable.
Ce n’est pas la croissance zéro, c’est la croissance durable.
Ce n’est pas le rejet de la technique, c’est la technologie propre.
Ce n’est pas l’abolition du marché, c’est le principe pollueur-payeur.
Ce n’est pas la frilosité, c’est la responsabilité.
Tous les partis ont failli. Nous avons tous failli.
Il est temps de réagir.
Je vous propose d’accomplir ensemble quatre révolutions.
La première, c’est que le libre-échange ne puisse pas s’affranchir de la responsabilité écologique.
Je propose que la France défende l’idée qu’à côté du droit international du commerce qui veille au respect du libre échange il doit exister avec la même force juridique un droit international de l’environnement, un droit international du travail, un droit international de la culture et de l’éducation ou encore de la santé, de sorte que la logique marchande ne soit pas la seule à prévaloir et que la loi de la concurrence et du profit ne soit pas la seule loi du monde.
Chacun de ces droits doit avoir sa juridiction, et chacune doit avoir l’obligation de soumettre aux autres sous forme de question préjudicielle les questions qui ne relèvent pas de sa compétence. En attendant, la France, pour elle-même, doit donner l’exemple au monde.

La deuxième révolution que je vous propose, c’est de faire du développement durable le critère de toutes nos politiques publiques.
En changeant nos modes de décision, de production, de transport.
En mettant des objectifs environnementaux dans la politique de la commande publique.
En consacrant deux jours du service civique obligatoire à expliquer le développement durable à tous les jeunes.
En investissant massivement dans la recherche et le développement des énergies renouvelables en des énergies nouvelles.
En investissant dans le nucléaire qui ne produit pas de gaz à effet de serre.

La troisième révolution que je vous propose, c’est de réformer en profondeur notre fiscalité.
Puisque la délocalisation de l’emploi oblige à chercher des alternatives à la taxation du travail, je propose que l’on se décide enfin à substituer en partie la taxation des pollutions, en particulier de l’énergie à effet de serre, à la taxation du travail.
Je vous propose enfin, et c’est la quatrième révolution, qu’en matière d’environnement la responsabilité des personnes morales ne soit plus limitée mais illimitée de sorte que chaque maison-mère soit pleinement engagée par le comportement écologique de ses filiales."

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