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Publié par pierre-gilles tronconi

   Le Programme de Surveillance Air et Sante (PSAS-9)(1) - coordonne par l'Institut de veille sanitaire – publie dans la revue scientifique internationale « Environmental Health Perspectives » un article(2) presentant l'analyse des effets de la pollution atmospherique photo-chimique pendant la vague de chaleur de l'ete 2003 dans neuf villes francaises (Bordeaux, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg et Toulouse).
A la suite de la vague de chaleur de l'ete 2003, l'objectif du programme(3) etait d'actualiser les relations estimees anterieurement entre la pollution atmospherique photo-chimique, dont l'ozone est un indicateur, et le risque de deces a court terme(4). En effet, pendant la vague de chaleur de l'ete 2003, des niveaux eleves de ce polluant ont ete observes en France, conjointement a de fortes temperatures.
Dans cet article, les auteurs presentent des resultats concernant l'impact sanitaire de l'ozone pour la periode du 3 au 17 aout 2003, periode majeure de la vague de chaleur : pour les neuf villes, 379 deces supplementaires sont ainsi attribuables a la pollution observee, par comparaison a la meme periode des trois annees precedentes. Pour la meme periode, l'exces de risque de mortalite lie conjointement a la temperature et a l'ozone ainsi que la part relative de chacun des deux facteurs dans cet effet conjoint ont ete estimes.
Les resultats different selon les villes. Pour les agglomerations où la surmortalite a ete importante lors de la vague de chaleur (Paris et Lyon), l'ozone a joue un role minoritaire par rapport a celui des temperatures dans l'impact sanitaire (respectivement 7,3 et 2,6 %). Dans les autres villes, les resultats sont plus heterogenes : l'ozone a un effet minoritaire (moins de 35 %) dans deux villes (Bordeaux et Rouen), majoritaire (plus de 75 %) dans deux autres (Strasbourg et Toulouse) et comparable (entre 40 et 60 %) a celui des temperatures dans les trois autres villes (Lille, Le Havre et Marseille). Ces resultats dependent des niveaux atteints dans chaque ville par les deux facteurs etudies mais egalement des risques estimes localement. Par ailleurs, il semble que l'effet des temperatures sur la mortalite persiste entre 2 et 3 jours.
Ainsi, parmi les neuf villes considerees, il existe une heterogeneite importante, non seulement pour ce qui concerne l'ampleur de la surmortalite attribuable a l'effet conjoint de l'ozone et des temperatures pendant la vague de chaleur de l'ete 2003, mais egalement pour ce qui concerne la part relative de ces deux facteurs. Ces resultats confirment par ailleurs l'importance non negligeable des effets de la pollution atmospherique photo-chimique rencontree en milieu urbain en termes de sante publique.
Notes
(1) Programme de Surveillance Air et Sante 9 villes (PSAS-9). Vague de chaleur de l'ete 2003 : relations entre temperature, pollution atmospherique et mortalite dans neuf villes francaises (le rapport complet avec son resume est disponible sur Internet)
(2) www.ehponline.org (format PDF - en anglais)
(3) Deux rapports (et syntheses) ont ete publies anterieurement par le programme PSAS-9, en 1999 et 2002 respectivement. Ils portaient sur les relations a court terme entre la pollution atmospherique urbaine et des indicateurs de l'etat de sante de la population : mortalite, admissions hospitalieres. Des evaluations de l'impact sanitaire a court terme de la pollution atmospherique urbaine avaient ete realisees.
(4) Le croisement des variations journalieres d'indicateurs 'sante' et d'indicateurs 'pollution' permet de determiner des relations exposition/risque, exprimees en pourcentage d'augmentation du risque de mortalite a court terme et pour une augmentation de 10 µg/m 3 par jour des niveaux d'indicateur de pollution.

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