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Publié par pierre-gilles tronconi

terre3.jpgNUSA DUA (AFP) - 16/12/07 08:33

La "feuille de route" de Bali adoptée samedi garantit l'avenir de la lutte contre le changement climatique, avec le sentiment largement partagé que rien de décisif ne se passera avant janvier 2009 et l'arrivée d'un nouveau locataire à la Maison Blanche.

La force de cet accord en forme de lettre de mission, qui impose le lancement de négociations au plus tard en avril 2008 et leurs conclusions fin 2009 à la conférence climat de l'ONU à Copenhague, pour succéder aux premiers engagements du protocole de Kyoto qui expirent en 2012, est d'enrôler pour la première fois pays industrialisés et en développement sous une même bannière.

"C'est un premier pas décisif", a jugé le secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon, accouru en renfort samedi à Bali pour peser sur les discussions.

Jusqu'au bout, les Etats-Unis hostiles à tout objectif contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre ont assumé le rôle des "bad guys", les "sales types", pour finalement se rallier au consensus.

De l'avis du ministre allemand de l'environnement Sigmar Gabriel, pour ne pas être stigmatisés comme ceux "qui auraient fait capoter la conférence".

"Il était important d'avoir un accord pour continuer d'agir jusqu'à la prochaine administration américaine. Il faut avancer jusque là, si ça avait cassé, c'était très difficile de reprendre", estime Brice Lalonde, ambassadeur français pour le climat.

Pour la première fois, note la secrétaire d'Etat française chargée de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, les Etats-Unis sont engagés "dans un processus volontariste de comparabilité des efforts" des pays industrialisés, avec la notion "d'actions mesurables et vérifiables" contre l'effet de serre, signe de leurs intentions d'appartenir un jour à part entière au club international sur le climat.

L'Union européenne et les ONG considèrent qu'il faudra sans doute attendre le 20 janvier 2009, date de la prestation de serment du futur chef de la Maison Blanche, pour entrer dans le vif du sujet.

Mais il ne restera alors que quelques mois pour boucler les termes du nouvel accord, et laisser ainsi le temps aux pays de le ratifier à temps pour 2012.

D'ici là, explique un négociateur européen, "on va travailler sur les dispositifs techniques, le transfert de technologie, les financements".

"Nous sommes nombreux à travailler dur aux Etats-Unis pour s'assurer que le futur président, qu'il soit démocrate ou républicain, écoutera le peuple, les maires des grandes villes, le monde des affaires, désormais tous très mobilisés. Il faut insuffler de l'énergie aux négociations qui démarreront vraiment dans douze mois avec la nouvelle administration" américaine, note Elliot Diringer, directeur des stratégies internationales au Pew Center, important think tank américain.

Pour accélérer les choses, Steve Sawyer, un vétéran des négociations sur le climat, aujourd'hui responsable de Global Wind Energy Council (GWEC), un lobby de l'énergie éolienne basé à Bruxelles, va même jusqu'à souhaiter un "nouveau Katrina", un désastre naturel qui accèlèrerait la prise de conscience et accroitrait les pressions sur le gouvernement fédéral.

Mais l'attitude américaine n'est pas la seule inconnue du processus qui s'ouvre: l'affrontement nord-sud des dernières heures de la conférence, entre les Etats-Unis d'une part, la Chine et l'Inde en tête d'une autre, témoignent du climat de suspicion qui règne entre les deux camps, chacun voulant s'assurer que l'autre bougera en même temps que lui.

"Les Etats-Unis ont beaucoup donné ici", estime un responsable suisse sous couvert d'anonymat. "Et ils ont raison de demander davantage aux grands émergents. Vous vous rendrez bientôt compte que les vraies têtes de pioche vont être la Chine et l'Inde", assure-t-il.

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