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Publié par pierre-gilles tronconi

©J-C Barla - Site Alteo à Gardanne
©J-C Barla - Site Alteo à Gardanne

Un mot sur l'affaire des rejets de boues rouges dans le Parc national des calanques.

Dernier épisode en date: un arrêté préfectoral qui a fait grand bruit en autorisant la société Altéo à rejeter encore pendant 6 ans ses rejets.

Cette décision du préfet, (allant à l'encontre de la ministre de l'Ecologie, Mme Royal qui voulait l'arrêt immédiat de ces rejets.,,,) a provoqué la colère de nombre d'associations environnementales et même de la chanteuse bretonne Nolwenn Leroy....

Au-delà de la situation surréaliste pour le fonctionnement de l'Etat où un ministre est désavoué par un préfet (mais avec ce gouvernement, on peut s'attendre à tout...), Ecologie bleue a décidé d'appuyer la position sage et exigeante du Parc national des calanques et de son président Didier Réault. Nous approuvons l'arrêté préfectoral qui fait preuve de pragmatisme tout en restant extrêmement vigilants sur la réalité et l'objectivité des contrôles effectués sur la société Altéo.

Les arguments qui nous ont fait refuser l'arrêt immédiat (et donc la fermeture de l'usine) sont de 2 ordres:

1- nous avons toujours prôné le développement durable, c'est à dire un équilibre entre les dimensions écologiques, économiques et sociales. Il est évident que, dans ce dossier, nous sommes au coeur de cette problématique et que nous appelons à concilier ces différents impératifs plutôt qu'à les opposer.

2- comme me l'a récemment fait remarquer un ami, spécialiste en développement durable, se pose aussi une question éthique d'ordre général. L'alumine produite par Altéo est un élément important de nos smartphones, tablettes, ordinateurs,... Les opposants intransigeants de cette société ne me paraissent pas vouloir renoncer à ces outils aujourd'hui indispensables de nos vies modernes.

Alors, que faire ? Se contenter de dire: "pas de ça chez nous !" et déplacer la pollution ailleurs ? Ou essayer de faire face et tenter d'apporter des solutions viables à une production qui n'est pas près de s'arrêter ?

Même si cette position est moins confortable médiatiquement que la posture aisée du chevalier blanc, nous serons toujours à Ecologie bleue des écologistes réalistes plus enclins à affronter les problèmes plutôt qu'à les renvoyer chez les autres en se pinçant le nez !

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LOEIL 29/02/2016 15:55

Corinne Lepage. Ministre de l'environnement en 1995, avait donné à l'exploitant jusqu'au 31 décembre 2015 pour cesser les rejets. Elle ne faisait là qu'honorer la signature par la France de la Convention pour la protection de la mer Méditerranée contre les pollutions, adoptée à Barcelone en 1976 et renforcée en 1995.

Faisant fi des engagements de la France, ALTEO espère aujourd'hui imposer sa solution : séparer les éléments solides et liquides de ces boues grâce à un système de filtres-presse qui permet la valorisation de ces déchets.

Miracle de l'« économie circulaire », les boues rouges deviennent alors de la Bauxaline, une matière première étanche utilisée comme remblai.

Concernant le recyclage de la Bauxaline, il faudra tenir compte de la nouvelle directive européenne, en cours de transposition, qui oblige notamment à calculer les concentrations en thorium et en uranium. La Commission européenne autorise la commercialisation pour des concentrations ne dépassant pas un indice inférieur ou égal à 1. Selon la Criirad, l'indice de la Bauxaline serait compris entre 2 et 4.

Pour la vendre à des constructeurs de routes ou d'ouvrages d'art, Alteo devra donc impérativement faire baisser la radioactivité en la mélangeant à d'autres substrats. Si l'on ajoute le coût du transport, le projet est-il seulement viable ?

Financée en grande partie avec de l'argent public et du Crédit Impôt Recherche, le projet 'Bauxaline" séduit en tout cas les élus locaux. Sauf que, quel que soit leur bord, ils se contentent généralement des études fournies par l'exploitant, pourtant dénoncées depuis des années par les associations écologistes ou les pêcheurs.

L'un des élus les plus coopératifs se nomme François-Michel Lambert, député EELV des Bouches-du-Rhône et Président de l'Institut de l'Economie Circulaire, dont ALTEO est partenaire.......

A noter que l'Institut de l'Economie Circulaire a naturellement rejoint l'établissement ALTEO de Gardanne, aux côtés de nombreuses autres entreprises comme EDF, Vinci ou Veolia, qui sont tous des groupes capitalistiques, dont les intérêts sont avant tout financiers.

ALTEO de son coté, fait partie de la galaxie des fonds de placement amércains qui ont activement soutenu la campagne du républicain Willard (« Mitt ») Romney contre M. Barack Obama lors de l'élection présidentielle américaine de 2012.

Jean DURE 03/02/2016 15:04

L'heure de l'écologie réaliste post munichoise a peut-être sonné... mais le citoyen lambda a quelque difficulté à comprendre de quoi vous parlez.


Avec un langage et un logiciel de réflexion qui font pendant à ceux d'EELV il ne faut pas s'étonner que l'écologie politique soit autant discréditée et qu'elle soit incapable à l'heure actuelle de rencontrer le moindre écho chez les électeurs.


Pour ce qui est de l'écologie pragmatique, hormis que sa définition et ses positions ont avant tout pour but de valoriser le créneau d'une écologie de droite auprès de l'UMP ou des Républicains.


Sauf que ces derniers, Nicolas SARKOZY en tête n'en ont strictement rien à faire.


Toujours sur le pragmatisme, il est pour le moins difficile à faire avaler au quidam alors qu'il s'agit de santé publique et de conservation du patrimoine naturel.


Allez vous étonner ensuite d'entendre des critiques comme quoi certains politiques, se revendiquant de l'écologie, sont en fait financés par les pollueurs pour leur soutien (ALTEO ?)


L'écologie n'est ni de droite, ni de gauche, c'est ainsi et ne pas le comprendre revient à mettre à mal notre avenir